L’astreinte plus que la volonté. Ça a longtemps été la volonté. La volonté ne fait pas tout. Comment par sa seule propre force peut-on changer le cours des choses ? Soi, tout seul ? C’est le désir d’accomplir de grandes choses. Mais le déroulement de la vie est ainsi, que l’on y implique la volonté ou non, nous y sommes inséparablement, irréfutablement. La volonté, la vie est là, sans avoir à la confronter à des obstacles, à des choses qui sont au-delà de notre responsabilité, on est ce que l’on est, comment alors souhaiter la différence ? De quelqu’un, de quelque chose. Tout espoir est permis, sans franchir la liberté d’autrui, sans, encore une fois, faire le mal, volontairement.
C’est plus le courage que la volonté qui permet de surmonter et de vaincre nos épreuves. On a le droit de faire confiance, même si nous avons été trompé, dupé, maltraité, trahi, si on nous a menti, manipulé, cela ne signifie pas la réitération du malheur. La souffrance peut être bouclée, se boucle toujours, s’excluant de nous, toujours de manière inattendue, et c’est le mystère de notre résilience, de la vie, de l’existence même. Avec le temps on se sent moins menacé par la souffrance, cette menace finit toujours par s’estomper. Tout est recommencé dans l’instant, d’où l’espoir, d’où la vie et sa nécessité.
La souffrance est toujours en décalage par rapport à ce qui est, et donc elle n’est pas, parce qu’elle ne devrait pas être. Elle est illogique, ne s’appliquant à rien, s’appliquant à côté de nous , et donc elle est impossible.
On se souviendra de l’innocence, comme d’une pomme qui n’était pas encore mûre. Maintenant il nous faut attendre que cette pomme soit mûre, après avoir cru qu’elle l’était, que l’on nous aie fait croire qu’elle l’était.