« Je vogue en perte sur une mer affamée et vide. Sur cette terre, personne ne peut venir à mon secours. Les tempêtes de l'hiver me congèlent. L'été brûlé vivant. Je ne puis me souvenir quand une autre âme fit ici son chemin. Au désert et chu sur les îles des damnés. Sur terre il n'y a personne pour me prendre par la main. Personne n'élève la voix, absolument déserté. Le soleil de sang se couche sur la mer de l'ouest. Seul et mourant et à des milliers de kilomètres de chez moi. Au fond je sais que je ne fus jamais autant brisé et seul. Je regardai le ciel, cherchant la présence de Dieu, tremblant de tout mon corps. La tristesse j'y étais noyé, seul dans l'ozone. Pas de secours, abandonne-moi. Recouvre-moi, veille sur moi. Noyé pour l'éternité. Seul et criant et égaré par des milliers de kilomètres. Seul sur la mer cruelle, désavoué et rejeté au loin. Je tournai mon regard vers Dieu, mais sa face ne me regardait pas. Perdu dans l'ozone, rien à dire de ...
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Hervé Botheron