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Orbe

Seigneur de vertu, de sagesse, d’humilité, de bonté. Tu détiens toute bonne chose et moi je ne possède que l’iniquité. Je te dois toute bonne chose en moi et sur l’orbe de la terre, car tu es le Tout. J’ai tant péché par mauvais cœur. Malgré mon repentir, je n’oublierai jamais que j’ai péché. Ces maux, ces plaies, sont inscrits dans ma chair. Renouvelle-moi en toi. Laisse-moi boire à la source de ta mansuétude. Ne m’éloigne pas du repas de la charité, afin que tu pourvois à ma faim de justice. Tout-Puissant, je voudrais te vouer chaque pensée, chaque action, chaque instant de ma vie. Fais qu’il en soit ainsi, car ma volonté est bien faible sans ton soutien. Dieu de ferveur, je sais que tu regardes les pécheurs avec bonté de cœur, du moment qu’ils montrent un infime amour, mais comment le mien, si froid et si dénué de toute charité, pourra-t-il jamais en appeler à ta bonté ? C’est pourquoi je m’en remets à ta Mère, car elle est ma Mère, aussi. Marie, Vierge du ciel et de la terre, prends pitié de ton enfant. Regarde-le, Mère, avec tendresse. Si je dégoûte ton Fils par mon mal, alors, toi, regarde-moi avec la douceur qui est tienne. Souviens-toi de moi quand j’étais tout petit et que je n’avais encore causé aucun tort à quiconque, souviens-toi de moi au jour où je suis né. Console ton enfant de sa faute, apprends-lui à ne plus fauter, alors peut-être celui à qui tu as donné naissance retrouvera-t-il un peu de son innocence et, peut-être, Celui que tu as porté, voudra-t-il bien porter ses regards vers son frère en l’humanité qui fut sienne car bien que divine. Il a porté sur lui toutes les fautes de la terre, passées, présentes et à venir. Ainsi en va-t-il des miennes. Me les pardonnera-t-il un jour, suis-je digne de son amour, comment le réconforter toujours ? Car si j’ai fait le mal, le mal me répugne pourtant, et je m’en veux tant d’avoir infligé mes peines, mes fautes, mon mal, à autrui, et alors même que Celui-Ci est le plus pur et le plus saint. Roi Saint, qu’ai-je donc fait là ? Quelle bonté en toi ! Tu as porté mon mal, tu m’as renouvelé en ta souffrance même, au Jardin et sur la Croix. Sainte-Croix, tu es la voie de la rédemption. Ainsi soit-il. Amen.