Accéder au contenu principal

Geneviève Asse

Nous voyons chez la peinture de Geneviève Asse comme une lumière douce qui nous appelle vers tous les horizons lointains, le ciel & la mer, qui vivent par-delà nous aussi bien qu’en notre for intérieur. C’est un appel intransigeant à considérer l’immensité : mais est-ce même possible ? L’immensité c’est aussi le plus petit, de même que le ciel est dans la toile. Voici le travail d’une vie qui demande avec puissance que l’abstraction du ciel & de la mer trouve son ton, sa couleur, & comme le nuage les traverse, nous retrouvons la même vibration dans le geste aplat du pinceau sur la toile. Toutes ces toiles sont de la beauté indicible du regard qui porte sur le lointain, en même temps qu’il se tourne à l’intérieur pour voir les émotions qu’il provoque. Profonde émotion que de considérer l’impossible de la vie, des questions qu’elle nous pose lorsque nous regardons les toiles (le Ciel n'est-il pas muet?). Nous voyons comme une annonce fragile, comme peut-être un début de réponse, une tentative d’un appel, dans la ligne qui souligne l’immensité bleue. Dans sa verticalité, elle offre comme un point d’ancrage vers la terre & le feu et rappelle aussi bien le carnage que la beauté tout en nous appelant à monter, à la verticalité pour mieux regarder en haut. La toile est aussi un peu la fenêtre qui ouvre sur un nulle part, vers un espace qui ne saurait souffrir une définition. C’est un appel à la beauté calme de l’espace vide. C’est comme une contemplation extatique des éléments qui nous concèdent la vie. Il y a la nostalgie dans le « bleu Asse » mais il y a aussi la profonde joie de faire un pas à l’extrémité de nous-même qui est l’endroit d’où Geneviève fait désormais résonner sa peinture en nous.