Je me renseigne auprès de Me E. D.
Je l’ai dit le premier jour même de mon hospitalisation que j’envisageais de reprendre les études tout de suite, je voulais devenir infirmier en soins palliatifs. Tout du long j’ai dit que je voulais travailler. Je serais donc dans l’incapacité de travailler depuis 2012.
Je lui demande conseil parce que je suis perdu. Je lui demande conseil par amour pour mes parents, et pour mon frère parce qu’avec leur générosité accoutumée ils sont capables de faire de trop grands sacrifices pour moi. Vu tout le souci qu’ils se font depuis 2012. Ils n’en dorment plus la nuit.
Si je lui demande ces renseignements c’est pour les décharger du poids insupportable de l’aide financière qu’ils m’apportent et m’ont toujours apportée. Ils m’avaient pourtant dit que je toucherai une rente, mais je comprends bien que même s’il n’ont pas voulu me le dire, ils puisaient dans leur économies ou dans la pension de mon père pour m’aider. Quel immense sacrifice ils étaient prêts à faire, eux qui sont si économes. Comme le dit ma mère, « tu crois qu’il y en a beaucoup des parents qui font ça pour leur enfant. » Lorsqu’ils m’ont annoncé l’achat d’un appartement pour moi, achat qui a pris plus d’un an, année durant laquelle ils ont tout mis en oeuvre pour me l’obtenir coûte que coûte menant une guerre de front contre le vendeur armés d’une immense patience et de la précieuse aide d’un avocat et d’un notaire et du chasseur immobilier. J’apprenais que j’allais loger gratuitement dans leur logement ou bien être « hébergé à titre gratuit » (mon grand-frère « aura les murs » après leur trépas). Le même jour ils me promettaient une rente après l’emménagement. Ils ont dû lire dans mes yeux quelque chose qui les a arrêtés tant leur sacrifice était grand.
C’est ainsi que j’aurais une rente d’un montant indéterminé et visiblement indéterminable indexée sur le coût de la vie, après le décès de mes parents. Cette rente sera épuisée à un moment donné.