C’est le seul refuge de certains pour leur cœur de pierre. Ces débauchés qui voient autre chose que leurs mentalité de scélérats, désormais. De toute manière la tromperie, les veules sont dénoncés, toujours. Ils font plus de mal que de bien, aux autres comme à eux-mêmes. Ils confient leurs fautes passées à un Dieu qui sait déjà tout cela, comme si c’était suffisant pour ne pas se l’avouer, ou, ce à quoi nous viendrons, comme Jésus l’a si bien expliqué, pour ne pas demander le pardon à leurs victimes, en avouant les faits, sans hypocrisie, en s’accusant enfin eux-mêmes sans vouloir rejeter la faute sur l’autre ou l’attirer dans leur répugnant repentir hypocrite, ce qui définit bien le dogmatisme. C’est là l’origine de la guerre et des conflits, qu’ils soient religieux ou sociétaux : ce que certains ne veulent admettre et qui rejaillit sur l’innocent, comme une sorte de retour du refoulé, dont ils ne veulent pas toujours, sur l’humanité depuis déjà trop longtemps. Ce qu’ils ne veulent pas admettre finit toujours dans l’effroi, extériorisé dans la guerre, jugulé dans le dogme, finalement admis au moment de mourir, parce que c’est cela dont ils ont peur et qu’ils ne peuvent admettre ne nous concernant pas, pas l’innocent. Parce que ce passage leur est irrévocable, et que c’est là, en ayant attendu une vie entière à les voir répandre l’immondice, que tout est révélé, et qu’ils se rappellent. Ce qu’il leur reste de mieux à faire ? C’est « la bouche d’un pistolet ou les pieds de la croix. »
Nous pardonnerions à celui qui ne veut pas avouer, sans comprendre pourquoi il nous a fait souffrir, nous a peut-être même torturé psychologiquement ? Tout cela parce qu’ils ne veulent pas voir en face ce qu’ils sont, parce que peut-être cela les dégoûterait, désormais, dès lors qu’on les accuse et que leurs mésactions se retournent contre eux ? Il est bien simple et pratique pour eux de faire de l’amour divin une caricature du pardon qui les arrange bien. Une caricature mièvre et insipide qui leur correspond en tout point. Il serait suffisant, pour certains, que Jésus soit mort sur la croix pour sauver l’humanité et la laver de son péché, mais en quoi cela dispense-t-il le pécheur, le fautif, le menteur, l’hypocrite, le pervers, l’insensible, le meurtrier, le voleur, le violeur, l’adultère, et le pédophile, de faire au moins quelque effort afin de lui aussi participer au rachat des fautes de l’humanité, et des siennes, et pourquoi pas, puisqu’ils l’aiment tant, d’égale mesure au sacrifice christique ? N’est-il pas juste que le pécheur confesse ses fautes aussi bien à sa victime qu’à Dieu, qui, lui, sait déjà tout cela ?