Accéder au contenu principal

Le retour à la primauté de l'union et du vide (2005)

Chaque souffle perdu en l'autre ne serait que le silence d'une vision qui s'échappe.

Entre toi et ta présence, évidemment j'y suis encombrant et las ; aveuglé de blanc et d'espace déserté – un glissement d'horizon pâle.

Pliure assombrie, vêtue de suie, verse un bruit lisse J'apercevrais en tes cheveux plus que du lin, les faisceaux qui me lient à un ciel rouge, pourtant couvert de nuit. C'est aussi la peau rougie que l'on tire jusqu'à la transparence et qui cède. Césure blanche d'où gémit en râle une suffocation.

Là où poussent les chardons est empli d'os déracinés. On y voit encore la ligne pâlie et plus loin les porcs de ta peau réfléchis par le ciel charbonné. Il s'agit d'immanence et d'un regard dérobé, qu'on ne devine pas mais qui s'évanouit. Un iris que dilate l'arrachement au vide là où parfois la terre le recouvrait honteusement.

Quand il vient, il pleut sous un ciel dénudé et l'eau brise le silence. Le vide en nous se comble lentement... d'eau salée ou de rameaux dorés. J'attends l'aube et je veille, envahis d'un voile qui se lève. Tu t'avances immobile, tes pas légers ont un parfum d'eau fraîche. Mes tempes brûlent (temps et souvenirs disparaissent). 

Sous des songes affalés j'entends tes mots et épuisé je paresse dans tes paroles. Je cherche à percer l'encre, tout y est très vif, couvert de lumière et tout me transperce. Plus je m'égare, plus je te vois, le temps est une lanterne ivre. Et je ne voudrais pas que tu t'effaces, j'ai trop dansé sur nos lèvres. Je voudrais plutôt tracer de la buée sur ta blancheur. Je ne m'affadis pas mais l'incandescence me consume. Qu'y puis-je faire si je m'affole ?

Si le temps doit s'en aller, qui l'accompagne encore ? Et personne ne le suit pour laisser vides les salles encombrées et sans un bruit.

L'encre ne laisse que les mots mais sous les rires perce de l'ombre illuminée. Tu l'as vue et tu as frémis un instant. Les heures perdues se taisent douloureusement si je dois l'écrire encore ma main se soulève.

Tes épaules inclinées s'allongent à tes mains qui tremblent et brûlent. Sur un lit d'acier où tes cheveux s'élèvent, quand ta bouche s'ouvre, trame des arcs de verre qui s'enlèvent. Des larmes qui sourdent, des couronnes qui s'effondrent lourdes de fleurs où des visages se vident. Des voix qui appellent vainement tranchent au vide.

Sur une forêt d'herbe à présent ta chair s'écoule pâle. Des mots qui s'éteignent ont bruit de couleurs insensées teintées de verre et de sable. Aube lunaire s'entoure de brume et la ténèbre s'éclaire.

J'annonce en rêve mais vraiment : « ton nom n'est plus le même ! » Mais d'autres disparaissent. Puis des traits bleuis tandis qu'un vent léger baise tes contours ou soulève ta robe. Soudain tu es éveillée même sans t'être endormie ou les yeux clos.